Extrait du rapport du
Sieur Hébert
Commandant du
corsaire le Renard.
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corsaire Le Renard à son retour en ce port.
Rapport de la croisière du corsaire
Le Renard
Le corsaire Le Renard de St Malo,
armateur Mr Robert Surcouf, capitaine Mr Emmanuel Leroux armé ... de 58 hommes
d'équipages( a soutenu le 9 septembre dernier un combat propre à honorer la marine
française, à rappeler le courage de Duguay-Trouin et de ses compatriotes).
Le 8 septembre le cutter sortit de
l'isle de Bas, le lendemain se trouvant dans le SO de startpoint, à petite distance,
apèrçurent à une heure après-midi une voile sous le vent courant tribord amure, il la
chassa, à cinq heures elle fut reconnue pour une goëlette de guerre bien supérieure en
forces; ce qui engagea ce corsaire à virer de bord et à prendre les amures à tribord,
la goëlette imita cette manoeuvre.
A une heure du matin, elle joignit le
corsaire, dont les dispositions étaient faites. Elle engagea le feu par des coups de
canons de chasse et des coups de fusils, et lorsqu'elle fut à portée de voix, elle somma
le corsaire de se rendre pour une corvette de SM Britannique. Le capitaine Leroux ( avec
son sang froid imperturbable dit oh! les insolens ) et donna ordre d'envoyer son pavillon
à la tête du mât ( il se présenta ensuite franchement ) et engagea le combat aux cris
de Vive l'Empereur. Plusieurs volées furent échangées à portée de pistolet. MM
Derose, 1er lieutenant, De... et Ramerie 2ds lieutenants et plusieurs matelots du corsaire
furent grièvement blessés. Il se fit calme, plat et cependant la mer était grosse. Le
corsaire fut porté par la lame sur l'ennemi. Le Capitaine Leroux fit jeter des grenades
et commanda l'abordage. Tout l'équipage se mit bravement en devoir d'éxécuter cet
ordre, mais l'ennemi supérieur en nombre y résista et ses volées à mitraille
balayèrent tout ce qui se trouva sur le gaillard d'avant. Le 2d du corsaire Mr Callipet,
jeune homme plein de courage fut tué. Secondé par le Sr Lavergne, enseigne, nous
ranimères le courage de ceux qui restaient sur le gaillard d'avant et provoquions
une seconde tentative pour monter à bord de l'ennemi lorsque les grappins
rompirent.Pendant tout le temps qu'on fut abordé, le feu du canon ne cessa de part et
d'autre. L'ennemi en s'éloignant passa dans la hanche du corsaire et lui envoya plusieurs
bordées dont quelques unes à boulets incendiaires auxquelles il répondit
toujours. Le Capitaine Leroux eût alors l'épaule et le bras droit emportés d'un boulet;
en tombant il ordonna de continuer le combat et desfendit d'amener. Les marins blessés
comme lui et couchés sur le pont répétaient avec enthousiasme les paroles de leur
Capitaine qui me remit le commandement du corsaire. Je n'avais plus auprès de moi
que l'enseigne Lavergne et 13 hommes dont plusieurs étaient blessés; nous essuiyames
plusieurs volées de l'ennemi sans pouvoir lui répondre que par des coups de fusils, tous
nos canons étaient démontés, 2 seulement restaient à tribord. De suite, ils furent
pointés et dirigés avec soins sur la goëlette. Ces deux derniers coups chargés à
mitraille parurent mettre le désordre à bord de l'ennemi. Son feu cessa, le croyant
amené je fis cesser le mien en criant : êtes vous amenés. Une voix répondit "
nous sommes à vous " mais tout à coup la goëlette étant sous le vent à portée
de pistolet sauta avec un fracas épouvantable et couvrit le corsaire de flâmes et de
débris. La chaloupe et le canot du corsaire étant criblés on ne put les mettre à la
mer pour tenter de sauver les anglais qui auraient survécus à l'explosion. On en
apperçut plusieurs, on les encouragea du geste et de la voix à venir à bord: ils
répondirent qu'ils n'y voyaient pas et disparurent presqu'aussitôt.
Le 11 , le corsaire entra dans le port
de Dielette et y déposa ses blessés, repartit ensuite pour ici où il est arrivé depuis
quelques jours dans un bien mauvais état. On a appris depuis que le Capitaine Leroux , le
lieutenant Rameris et quelques autres blessés étaient morts.
On à des boulets de la goëlette
anglaise, ils sont de 16, on croit lui avoir compté 18 canons.
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